Artillon

Je suis assez d’accord avec DG concernant ce nouveau type de jeu des Blacks qui implique quand même pour le déployer, que les joueurs soient très gaillards à l’impact, très rapides au soutien (et les Blacks réunissent sans problème ces deux qualités). Mais attention pour eux, je m’interroge : si des adversaires à la coupe du monde trouvent une faille à ce jeu (par exemple en faisant reculer les Blacks à l’impact, en leur imposant une pression de tous les diables et les contraignant à commettre des fautes de transmission), il est fort possible qu’ils n’en aient aucun de rechange. Et les Blacks contrariés redeviennent une équipe de rugby normale, humaine, classique : elle fait des fautes, et il y a des trous dans sa défense. Jouer au pied contre eux, derrière la défense black, me semble, suivant la plainte de Pierre qu’on n’en verrait pas assez, la bonne solution. Plus largement, le débat sur le jeu, et notamment sur la beauté du jeu est un débat très français. Je ne suis pas certain que les Anglais ou les Irlandais se posent ce genre de questions. Quand ils gagnent à coups de pied, les spectateurs sont satisfaits quand même s’il y a victoire au bout. En france, on râle. Mais on oublie, et là Pierrot je t’arrête ( les coups de pied de recentrage c’est pour les gamins dans la cour d’école), le débat est un brin futile dans une société qui ne reconnaît que la victoire pour principe et non la “beauté”. Il y en a malheureusement des carrières sacrifiées à cause de la beauté. Au tennis par exemple, nos petits coqs font des déprimes à répétition, on leur apprend (et je le sais puisque j’ai joué à haut niveau) que leur jeu doive répondre à certains canons. Bien jouer c’est le début du bonheur. Non ! Gagner c’est le début du bonheur. Seule la victoire compte ! On en reprocherait presque à Manaudou de tout gagner. on trouve que c’est suspect, la victoire c’est morose, vaut bien mieux un romantique Zidane et ses coups de tête qui font se plaindre de douleurs toute la France. Ne parlez donc pas de beau jeu, symptome habituel d’une certaine mélancolie, d’une passion pour l’echec, pour la deuxième place qui soulève les foules et provoqueront les éternelles plaintes. En Angleterre, on apprend d’abord aux joueurs à GAGNER ! Les Ibanez, Chabal, ne s’y sont pas trompés ( bien que chabal soit très français dans sa mélancolie). On parle de l’orgueil des Anglais. Qu’ils sont antipathiques, hautains, prétentieux. Eh bien ils ont raison de l’être. Sortez de l’esprit de beauté s’il vous plaît. La beauté c’est la poésie, les beaux-arts. Au rugby seule la victoire compte. Les anglais nous l’enseignent très bien, malgré tous leurs défauts.

Pardon pour les quelques fautes.